Portfolio- introduction à la méditation culturelle
 
22-Dec-2025 01:02
ANECDOTE PERSONNELLE SUR LA COLLECTION PLANQUE

J’ai été profondément surprise lorsque M. Ricoul a annoncé en classe que la Collection Planque possédait plusieurs œuvres de Picasso. Et la surprise s’est encore intensifiée lorsque j’en ai cherché l’adresse sur Google : c’était précisément cette rue que je traversais presque chaque jour pour acheter une pâtisserie avant de rentrer chez moi. Granet XXe, qui abrite la Collection Planque, se trouve exactement au sommet du triangle équilatéral reliant le restaurant où je travaillais et mon appartement.


Ainsi, la semaine suivant ce cours, un samedi après-midi, après ma toute première fin de service, je me suis arrêtée à la pâtisserie (pour la première fois, j’y ai mangé sur place), puis je suis entrée dans l’exposition. C’était la première fois que je voyais des œuvres de Picasso de mes propres yeux et, cela peut sembler un peu étrange, la première fois aussi que je me livrais à une sorte de confidence silencieuse avec ses femmes.


En réalité, le cubisme est le tout premier mouvement de la peinture européenne auquel j’ai été confrontée. J’avais alors six ans, j’étais en fin de cursus d’anglais dans un centre privé. Dans le manuel, figuraient deux portraits de Dora Maar. « C’est vraiment étrange », avais-je été la première à commenter en classe.— « Pourquoi dis-tu que c’est étrange ? », m’avait demandé la professeure.— « Parce que c’est beau d’une manière étrange… je ne sais pas. Je ne trouve aucune raison de ne pas aimer, mais je n’arrive pas non plus à expliquer pourquoi j’aime. »


Voilà un court dialogue digne d’un Marcel Proust naïf et candide; en réalité, à cette époque, j’écoutais ma sœur lire à voix haute presque toute À la recherche du temps perdu, dont je comprenais une partie grâce à ses explications.


Dans la ville où je suis née, l’art n’était guère valorisé, et les ressources approfondies sur le sujet étaient encore plus rares. La majorité de mes découvertes durant l’enfance tournait autour de trois peintres espagnols : Dalí, Gris et Picasso. Au collège, je me suis intéressée à Braque et à Dufy. Mais pour des raisons personnelles très particulières (disons une histoire sentimentale suffisamment désastreuse pour être racontée sur trois fois la longueur de Proust) j’ai développé un regard extrêmement subjectif, presque partial, sur l’œuvre de Picasso. Les hommes, les femmes, et les hommes et femmes sont devenus, dès lors, une empreinte indélébile dans mon cœur chaque fois que son nom était évoqué.


Pour en revenir à la Collection Planque, elle abrite des œuvres de Picasso que je n’avais jamais vues auparavant. Il s’agit en réalité de pièces considérées comme « mineures »; soyons indulgents envers Planque: il n’était pas Elon Musk, et ne pouvait se permettre une collection d’œuvres emblématiques. Mais justement, ces œuvres touchent exactement au cœur de ce que je poursuis, et résonnent profondément avec mes émotions. Des femmes mélancoliques, la continuité du duo Maar/Roque, des figures masculines françaises ou nord-espagnoles, des couples silencieux, des corps déformés par la géométrisation. C’était amplement suffisant pour moi.


Je ne saurais compter le nombre de fois où je me suis rendue à la Collection Planque: si souvent que le personnel finissait par me reconnaître et que je n’avais plus besoin de présenter ma carte étudiante pour obtenir l’entrée gratuite. Pourtant, je peux compter sur les doigts d’une main les rares occasions où j’ai accepté de monter aux étages supérieurs pour voir les autres œuvres. La plupart du temps, je m’arrêtais dans le hall principal, arpentant sans cesse les deux ailes, observant chaque tableau de haut en bas, de gauche à droite. Par moments, j’avais presque l’impression d’être sur le point de préparer une théière de verveine, de faire cuire une fournée de madeleines, et de m’asseoir pour converser avec ces dames.


Et tout cela constitue une part intime de l’histoire personnelle qui nourrit ce projet : un amour immense pour l’œuvre de Picasso, en particulier pour ses portraits et pour cette thématique des hommes, des femmes, et de leurs conversations silencieuses.
21-Dec-2025 14:05
INTRODUCTION À LA COLLECTION PLANQUE

La Collection Planque, issue de la Fondation Jean et Suzanne Planque (FJSP, depuis 1997), constitue l’un des ensembles privés les plus importants consacrés à l’art moderne du XXe. Elle a été constituée par Jean Planque, peintre suisse et fin connaisseur de l’art de son temps, dont la démarche de collectionneur reposait davantage sur l’intuition artistique et le dialogue avec les créateurs que sur la recherche de chefs-d’œuvre emblématiques.


Depuis 2011, une partie de la collection est présentée ouverte au sein de Granet XXe, espace dédié à l’art moderne et contemporain du Musée Granet, situé au cœur d’Aix-en-Provence, pas trop loin de la fontaine du Roi René.


La Collection Planque réunit des œuvres majeures de Picasso, Braque, Léger, Klee, Dubuffet, entre autres. Elle privilégie une lecture sensible des processus de création, mettant en lumière des œuvres parfois moins connues, considérées comme «mineures», mais essentielles pour comprendre l’évolution des formes, des figures et des relations humaines dans l’art moderne. Notamment, elle possède un tableau de Van Gogh - son seul tableau dans la région PACA.


Toutefois, le dépôt de la Collection Planque à Aix-en-Provence arrivant à son terme, l’ensemble des œuvres est appelé à quitter Granet XXe dans les prochaines années pour rejoindre la Suisse.
Info pratique:
collection Jean Planque
Place Jean-Boyer
13100 Aix-en-Provence

Horraires: mardi au dimanche, 12h à 18h.
Fermeture des caisses à 17h30.
Fermeture hebdomadaire le lundi.

Tarif: 5,5/6,5€ - gratuit pour les étudiants moins de 26 ans


21-Dec-2025 14:18
L'ensemble de l'atelier devant des premiers tableaux du parcours dans la collection: van Gogh et Claude Monet
📷 Thanh Xuan, 9/12/2025
 
22-Dec-2025 00:33
Peyton et moi - médiatrice et médiateur !
📷 Thanh Xuan, 9/12/2025
 
22-Dec-2025 00:38
RÉFLEXION DU PROJET: «BALLADE AVEC LES LÉGENDS»

À l’origine, notre projet était relativement désordonné, en grande partie à cause des difficultés de communication liées à la distance géographique et à nos emplois du temps respectifs, déjà très chargés. D’ailleurs, la Collection Planque ne constituait pas notre premier choix. Toutefois, face aux nombreuses contraintes rencontrées dans d'autres musées, comme sur le plan financier que, surtout, en termes de possibilités d’expérimentation pédagogique, nous avons été amenés à nous tourner vers d’autres musées relevant du cadre de la Mairie. C’est ainsi que notre choix s’est finalement porté sur Granet XXe/Collection Planque. Nous avons, au fait, été surpris de connaître que le musée avait accordé une dérogation exceptionnelle permettant à notre classe d’effectuer la visite pendant une période de travaux.


L’un des aspects dont nous pouvons être relativement fiers réside dans le travail de préparation que nous avons mené, et que j’ai personnellement pris en charge en grande partie, notamment en ce qui concerne l’étude et l’analyse du parcours de visite. Peyton et moi avons, à travers plusieurs séances de travail en binôme (à distance), construit une trame informationnelle détaillée autour des œuvres. De plus, malgré les contraintes liées à nos obligations respectives - Peyton étant très pris par son activité professionnelle et moi-même par la préparation de mes examens de langue - nous avons réussi à organiser une visite commune du musée afin d’échanger et de confronter nos réflexions de manière directe.


Cependant, cette préparation approfondie a paradoxalement mis en lumière une première lacune majeure: un déséquilibre dans la gestion du temps. Nous nous sommes attardés excessivement sur les sections consacrées à l’impressionnisme, aux Nabis et aux œuvres de Picasso, au détriment des œuvres présentées aux étages supérieurs, notamment celles relatives aux éléments biographiques de Dubuffet et à la figure de Jean Planque (en tant qu’artiste).


Ceci dit, à cela s’ajoutent plusieurs insuffisances, tant collectives qu’individuelles:
  • un déséquilibre, de ma part, dans le partage de la parole avec Peyton ;
  • une présentation parfois confuse des informations sur les œuvres et des cadres théoriques d’interprétation ;
  • un manque d’anticipation dans la préparation administrative (demande d’autorisation de prise de parole, constitution de la liste des élèves) ;
  • une préparation insuffisante des répétitions collectives ;
  • une absence de décision claire et partagée concernant le livret interactif ;
  • enfin, à titre personnel, une réserve quant au choix de Peyton de lire les documents lors de la présentation.
Néanmoins, grâce à l’accompagnement et aux conseils de M. Ricoul, nous avons pu mener à bien le projet Ballade avec les légendes dans des conditions satisfaisantes. Nous adressons nos sincères remerciements à Madame, à l’équipe responsable du SUL, ainsi qu’à l’ensemble de l’équipe du musée. Fort des enseignements tirés de cette séance de test, j’ai personnellement engagé plusieurs ajustements et une réflexion approfondie en vue de la préparation du projet du semestre suivant.
22-Dec-2025 00:29
Médiateur culturel pour la première fois!
📸 Thanh Xuan 9/12/2025
 
22-Dec-2025 00:39
Livrets-jeux COLLECTION PLANQUE
16-Dec-2025 02:13
REMARQUE PERSONNELLE SUR LA CONSTRUCTION DE LA COLLECTION

Comme mentionné précédemment, j’ai été particulièrement marqué par la richesse et la densité des œuvres cubistes présentes dans cette collection. Celle-ci réunit, par ailleurs, des œuvres relevant de courants artistiques majeurs, notamment de l’Impressionnisme, ce qui en renforce l’intérêt historique et esthétique.


Toutefois, je me permets de mentionner deux réserves concernant la 'scesnographie' de l’exposition, principalement au rez-de-chaussée, les deux étages supérieurs du musée étant, quant à eux, organisés de manière plus cohérente selon des axes thématiques clairs: à savoir l’art brut/Dubuffet et Jean Planque (en tant que peintre).


Premièrement, la structure spatiale de la collection repose sur quatre couloirs parallèles longeant les murs, dont la circulation n’est possible qu’en passant par le point médian de chaque paroi. Cette configuration me semble peu compatible avec une logique de parcours fondée soit sur la chronologie des mouvements artistiques, soit sur l’histoire de la constitution de la collection par JSPF. Dans cette perspective, il aurait été plus pertinent de placer les œuvres de Van Gogh et de Monet en continuité directe avec celles du groupe des Nabis (Bonnard, Vallotton), plutôt que de les disposer de manière parallèle. En outre, les 13 œuvres de Picasso apparaissent disposées de façon fragmentée, sans réelle cohérence thématique ni repère chronologique. Ainsi, lors de la visite guidée, près d’un quart du temps a été consacré à des déplacements en zigzag entre les œuvres, ce qui nuit à la fluidité du discours et à la concentration du public. Ceci dit, cette circulation désordonnée peut également poser un problème en termes de conservation, le risque de contacts accidentels avec les œuvres étant accru dans un contexte d’affluence.


Deuxièmement, avec des informations consultées dans le livre de référence (Collection Planque - Exemple Cezanne), j’ai constaté que certaines œuvres d’une valeur patrimoniale et artistique majeure ne bénéficient d’aucun dispositif de protection spécifique, qu’il s’agisse de verre de cadre ou de vitrines. À l’inverse, des œuvres que je trouve relativement moins centrales dans cette collection, notamment certaines pièces de Picasso ou de Rouault, semblent faire l’objet d’une attention accrue en matière de protection. Ce déséquilibre interroge la hiérarchisation implicite opérée par la muséographie et soulève des questions quant aux critères de mise en valeur et de conservation adoptés.
22-Dec-2025 00:55
Dernière minute à la Femme au Miroir. Ce matin-là, c'était extraordinaire: on pouvais faire un tour privé - le musée n'avait été ouvert pour que nous.
 
16-Dec-2025 02:12